lundi 12 juillet 2010

C'est pas moi...

Parfaitement! C'est pas moi... qui l'ai dit, c'est Bar et il l'a fait à "dessin" le bougre.
Finalement, je trouve que je suis pas si mal en faul cul, j'ai peut être mes chances à l'UMP ?

Il faut que je travaille encore un peu la trahison et le mépris de tout ce qui ne porte pas rolex, le foutage de gueule sur une grande échelle (pardon, les pompiers, c'est pas pour vous) et surtout la dextérité pour manipuler les grosses enveloppes et ça devrait le faire.

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vendredi 18 juin 2010

Françaises, français...RESISTONS

Un somptueux dessin de BAR, qu'il a commis, "le lâche", après la défaite de note "glorieuse" équipe de France, pour tout dire, je n'ai pas regardé le match, je ne supporte plus le "foot market".
C'est une bonne chose qu'ils soient éliminés le plus vite possible pour qu'enfin les français s'occupent des manigances de la sarkoland.
Le foot en écran de fumée, on connait, on a déjà donné...
Car enfin, ce dessin illustre très bien la France d'aujourd'hui, on disait que le coq chantait les pieds dans la m...., et aujourd'hui, il pousse la chanson "l'épine" dans le "fion".
Comment puis je écrire de telles horreurs un 18 juin ?
En fait, je suis en rogne devant la passivité ambiante.
J'appelle toutes et tous, chacune et chacun à réfléchir sur la situation dans ce pays et dans ce monde où règnent la dictature du profit et l'abus de pouvoir, nos démocraties ne sont plus que des caricatures, la régression sociale est devenue la règle...et personne ne bouge, les résistants (les vrais, pas ceux des derniers jours) doivent en être malades ou se retourner dans leurs tombes.
Il ne faut pas se leurrer, sans réactions collectives et massives, cette petite minorité de requins qui hélas tiennent le monde par l'argent, va continuer à se goinfrer sur les autres, ce n'est pas vrai qu'on ne peut rien faire, en se mettant ensemble, on peut devenir plus forts qu'eux, il suffit de le vouloir, je trouve que le symbole du 18 Juin trouve là toute sa place.
Quand à nos footballeurs, ils n'ont qu'à retourner s'occuper de leurs familles, ça coûtera moins cher et ils n'auront même pas à se payer des prostituées...de luxe..., les pauvres!

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dimanche 16 mai 2010

Au secours !

Je n'aime pas les gens de droite, mais je deteste par dessus tout ceux qui se prétendent de gauche, celui là, il est tellement de droite que même Sarko serait capable de voter pour lui.
Putain, qu'est que c'est que ce pays ?
On a donc que ça comme alternative, la moutarde commence à me monter aux urnes, il va bien faloir que ça bouge tôt ou tard.

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lundi 10 mai 2010

3 ans !

A priori, sa femme est consentante, mais pas nous ! du moins pas moi...
Au secours, il en a ras le pompon de la sarkocratie et de son cortège de destructions...et d'injustices.
Planquez vous, je crois qu'on va se faire mettre et ils vont accuser les grecs !

Merci Bar, tu as le crayon aussi fin que Carlita...

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jeudi 25 février 2010

La grande entreprise...

La pieuvre sarkoland étend inexorablement ses tentacules et personne ne bouge... effrayant!
Je ne comprends pas comment on a pu tombé si bas dans un pays comme le notre.
Je dois avoir loupé des épisodes ou j'ai basculé dans un monde parallèle pendant mon sommeil, pitié, réveillez moi, dites moi que je rêve...

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mercredi 24 février 2010

Voilà une bonne idée !

Ce dessin de Ludo est super, si en plus ça fait fuir aussi les jeunes racistes, il faudra en faire venir 2 fois plus...

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vendredi 29 janvier 2010

D T C


Détail Très Croustillant : quel "Joyeux Anniversaire" que celui là, une relaxe pour se détendre, serait-ce le sabot de la mule du Pape ou quelque rancœur de Juge d'Instruction peu enclin à disparaître du paysage républicain.
Je n'ai pas les mots, mais ça n'enlève rien au plaisir et de toute façon le dessin de Bar est une illustration magistrale de cette "pantalonnade" politique.

PS : Le Parquet, bien sûr indépendant, ne fera pas appel... à moins que...
à suivre !
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mardi 19 janvier 2010

Le Grand et le petit...

Pauvre haïtiens, après le coup de pied de dieu, il parait que Sarko veut leur donner un coup de main...
Décidément, 2010 commence très mal pour eux.

Au delà de l'humour, une pensée de tristesse devant tant de drames injustes, surtout que les requins de tous poils sont déjà dans la place pour voir comment on peut se faire du "blé" ou de la pub sur ces ruines et ces cadavres...

PS : On pourrait peut être le fourguer des masques et surtout des vaccins, ils ne faudrait pas qu'en plus ils attrapent la grippe H1N1.

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mercredi 13 janvier 2010

Le Point sur Robert !

Ce mec est fou, de cette folie furieuse dont on fait les flûtes des poètes, c'est "le Fou Parlant", "hallucinant !" comme il dit dans son exclamation favorite.
Il vient de nous servir 2h 15 de son talent en nous embarquant avec son immense générosité loufoque dans sa folie littéraire, je n'ai jamais vu un spectacle qui ressemble à ça, Fabrice Luchini jongle avec les mots de ses auteurs comme un clown de cirque avec des instruments de musique. Il inonde la scène de sa présence avec sa diction légendaire et son jeu d'improvisation avec le public.
Ce soir, par hasard, une plume toute légère est descendue du plafond très lentement et, telle une star, s'est délicatement posée juste devant Fabrice Luchini, alors là, évidemment, elle s'est retrouvée sur le champ intégrée au spectacle dans un délire improvisé.
J'en profite pour remercier le pigeon qui nous a fait don avec beaucoup d'à propos, de cet échantillon de sa toison...
Insérer la chute inopinée d'une plume entre deux phrases de Roland Barthes, ce n'est pas à la portée du premier comique venu, on est loin des "couilles" de Bigard, c'est une autre planète.
Si vous chercher une purge anti connerie, un traitement pour les synapses, allez voir le Point sur Robert, vous passerez une soirée époustouflante de légèreté et d'intelligence. [...]

vendredi 1 janvier 2010

Bonne Année ?


Hélas, un "an nain" de plus à subir cette "non France"...
Liberté, Egalité, Fraternité, où êtes vous ?
Il faut lutter contre la sarkoentérite, pas de vaccin contre ça, seuls la rue et les urnes peuvent nous guérir, alors, citoyens, si la France existe encore, prouvez le !

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jeudi 19 novembre 2009

Match NUL !

On faisait déjà rire, maintenant, on fait pleurer...

Bravo Bar, clair, net et tellement vrai hélas...

Parce qu'on le "veau mis" !
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mercredi 11 novembre 2009

Le devoir de réserve...pour Marie Ndiaye

Il faut mettre les écrivains dans une réserve ? Ah non, j'ai mal compris, il faut qu'ils "ferment leur gueule !"
Je connais la solution, il suffit que notre "bon Nicolas", pas le barbu, l'autre, nomme lui même le prix Goncourt, il est plus à ça près, il pourrait le donner au Prince Jean, ça redorerait son blason...
Chapeau Marie, tu n'es pas la seule à en avoir marre de cette France, ça me rassure de voir que le courage existe encore dans ce pays.

Merci.

Dans l'entretien, à la question « Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ? », l'écrivain répondait :

« Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous [avec son compagnon, l'écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants, ndlr] ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça.

Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux.

Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus.

Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c'est la mort.” »

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mardi 10 novembre 2009

Ce nain "que le Bar abhorre" !

Ce mur, quelle chute !

Si, ça se trouve, il s'est simplement
trompé, c'est Jean qui y était,
il a d'ailleurs démoli le mur avec
sa pelle de plage...
Petit, mais vraiment pas fin, l'ennui,
c'est qu'une majorité l'a élu et il nous
couvre de ridicule.
Non il n'a pas détruit le mur, lui son dada c'est les services publics et là,
c'est sûr, il s'en occupe.

A méditer :
Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux
qui les regardent sans rien faire.
Albert Einstein
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jeudi 5 novembre 2009

Débat : identité nationale : la honte !


J'ai honte de voir ce débat dans ce pays : les intentions nauséabondes de nos dirigeants dans cette affaire me font vomir. Ce n'est pas ça la France ou alors je ne veux plus être français!
Il faut plus discuter avec cette secte du "veau d'or" dont les seules valeurs sont l'argent et le pouvoir.
Ouvrez les yeux et vous verrez qu'ils détruisent l'âme de ce pays, si nous ne faisons rien, nous sommes complices.
J'ai honte de ce que nous allons laisser à nos enfants.
Quand j'étais jeune, j'imaginais l'an 2000 avec l'immense espoir de connaître les avancées de l'humain et de sa civilisation, aujourd'hui je désespère devant ce recul effrayant que nous vivons vers l'égoïsme et la religion de l'argent érigée en règle unique et absolue.
Mais à quoi servent nos neurones, ils serait temps d' éteindre la TV et de les réveiller.
Rassurez moi, dites moi que je ne suis pas seul à penser que ça ne peut plus continuer comme ça.
Je ne vois que 2 possibilités : ce monde est fou ou alors c'est moi, mais il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.
Désolé, il n'y a pas trop d'humour dans mon billet, mais ce soir, je n'y arrive pas.

Un peu d'info sur le fonctionnement du pouvoir :

Un avis sur l'identité nationale :

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samedi 24 octobre 2009

Il faut se détendre un peu !


J'ai trouvé quelques dessins "Taupes" : ici
Ca ne change rien, mais ça détend...dans cette France dont j'ai honte.
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samedi 5 septembre 2009

La dérive continue...

Aujourd'hui je vous invite à faire un tour sur le blog de Flèche pour lire la lettre d'Eva Joly à notre super président :
ça fait froid dans le dos, encore "un coup à attraper la grippe".
Voilà le genre de chose qui me fait très peur, on dérive vers l'an pire ! [...]

lundi 31 août 2009

Mettez vos masques...

Non, pas contre la grippe A, mais contre l'odeur, elle ne sent pas bon cette rentrée, on nous tartine de grippe A, A comme ARNAQUE, c'est les labos qui vont se goinfrer, comme les banques d'ailleurs qui ont recommencé, pardon, continué à remplir les poches des nantis, comme disait Coluche, "ne riez pas, c'est nous qui payent !".
Je ne regarde plus les infos, j'ai peur que ce soit contagieux, mais, j'ai quand même entendu que notre président avait grondé les vilaines banques pour leurs coupables agissements, je suis très rassuré, à mon avis elles ont eu très peur.
Et puis elle tombe très bien cette grippe, on avait même pas de coupe du monde de quelque chose pour occuper le peuple pendant qu'on se mitonne quelques privatisations, quelques lois liberticides, notamment sur internet.On a profité de l'été pour taper sans retenue sur les enseignants désobéisseurs, et à la rentrée, la seule priorité scolaire, c'est la grippe!
Et les labos, ça les gène pas de participer à cette mascarade pendant que des millions d'africains crèvent du SIDA parce que ce n'est pas rentable de faire des médicaments pour l'Afrique.
C'est quoi cette société, je crois qu'on regresse de plus en plus vite, je désespère des humains, "merde!", on doit pouvoir faire mieux quand même. [...]

jeudi 30 juillet 2009

Alain Refalo dégradé !

Texte trouvé sur Résistance Pédagogique :



Déclaration d'Alain Refalo

« Ne nous résignons pas. Osons dessiner, dès aujourd'hui, un à-venir pour l'école aux couleurs de la générosité et de l'espérance. »

En prenant l'initiative de désobéir aux dispositifs pédagogiques imposés par Xavier Darcos et en décidant de le faire savoir dans ma lettre « En conscience, je refuse d'obéir » adressée à mon inspecteur le 6 novembre 2008, je savais que je m'exposais au risque de la sanction. Afficher ma désobéissance était la seule attitude cohérente : elle me permettait d'affirmer une résistance qui se voulait constructive et ouverte au dialogue tout en demeurant loyal et honnête vis-à-vis de ma hiérarchie. J'ai voulu prendre à témoin l'institution que nous n'avions pas d'autres choix pour éprouver la fermeté de nos convictions que de risquer de désobéir ouvertement afin d'être entendus. Car peu importe à vrai dire pour l'institution que nous appliquions ou pas les « réformes », comme certains inspecteurs ont osé nous le dire, l'important pour elle est de montrer à l'opinion publique que ces « réformes » s'appliquent sans vague. Le défi que nous avons lancé est à la hauteur de celui qui a été imposé par le pouvoir, c'est-à-dire la mise en place d'un processus de démantèlement du service public d'éducation.

Cette action de désobéissance pédagogique qui s'est essentiellement cristallisée sur le dispositif de l'aide personnalisée a permis à des milliers d'enseignants du primaire d'en montrer toute la perversité et l'inefficacité tout en ayant une attitude responsable vis-à-vis des élèves en difficulté. Nous avons mis en lumière que ce dispositif en trompe-l'œil n'était pas destiné en réalité à aider les élèves qui en avaient le plus besoin, mais qu'il permettait au ministère de justifier la disparition de milliers de postes d'enseignants spécialisés du RASED, de supprimer deux heures de classe pour la majorité des élèves, de favoriser la semaine dite de 4 jours que tous les spécialistes considèrent comme néfaste pour le bien-être de l'enfant et de renoncer à déployer une formation pédagogique à la mesure des difficultés que tous les enseignants rencontrent aujourd'hui. Sur ce temps-là, nous avons mis en place des projets pédagogiques pour tous les élèves, sans discrimination, leur permettant ainsi de s'investir activement dans la classe et de remédier à leurs difficultés récurrentes. Refusant la stigmatisation des « mauvais élèves », nous avons choisi de les aider autrement et certainement de façon plus efficace.

Durant ces deux heures facultatives, avec l'accord explicite des parents qui m'ont soutenu depuis le départ dans ma démarche, j'ai organisé un atelier théâtre auquel ont participé tous les élèves. Parallèlement à cet atelier théâtre qui a permis aux élèves en difficulté de retrouver de la confiance en eux-mêmes, de reprendre goût à l'école, de s'investir davantage dans les apprentissages et d'acquérir des compétences liées notamment à la concentration, l'écoute, l'expression orale et la coopération, j'ai organisé sur le temps scolaire obligatoire des ateliers d'aide et de soutien spécifiquement pour les élèves en difficulté en utilisant toutes les potentialités et les ressources du groupe classe. Cela n'a pas été pris en compte ; l'institution s'est focalisée jusqu'à l'absurde sur la vérification de la mise en œuvre d'un dispositif particulier, sans prendre en compte la globalité de mon travail d'enseignant dans la classe.

Précisément parce que je n'ai pas appliqué les modalités du dispositif alors que j'en respectais largement la finalité, j'ai été sanctionné, depuis le mois de janvier, d'un retrait de salaire deux jours par semaine au motif fallacieux de « service non fait ». De surcroît, la promotion au grand choix à laquelle j'avais droit m'a été refusée au mois de février sous le prétexte étonnant que celle-ci aurait été considérée comme un encouragement à la désobéissance. Aujourd'hui, l'inspecteur d'académie de la Haute-Garonne en accord avec le ministre a décidé d'appliquer le principe, original, de la triple peine en me sanctionnant à nouveau sur le plan professionnel et financier. L'abaissement d'un échelon, cumulé au refus de promotion, conduit à une amputation de salaire de 7 000 euros sur quatre ans. Qui peut croire que la désobéissance limitée au dispositif de l'aide personnalisée justifie à elle seule cette sanction qui confine à l'acharnement ? Les motifs invoqués de manquement au devoir de réserve et d'incitation à la désobéissance collective, une première dans l'Education Nationale et dont on cherche en vain sur quels textes réglementaires ils s'appuient, témoignent d'une volonté de bâillonner les enseignants. Cette dérive dangereuse ne doit pas manquer d'interroger tous les démocrates sincèrement attachés aux libertés publiques.

La commission disciplinaire du 9 juillet a été organisée en dehors de toute règle élémentaire de droit. En ce sens, elle constitue une parodie de justice. Non seulement les membres de cette commission étaient juges et partie, mais les votes étaient acquis d'avance dès lors que les représentants de l'administration sont obligés à un vote de fonction et non un vote de conscience. Les défenseurs, les témoins, l'accusé ont été poliment et longuement écoutés, mais nullement entendus. Les représentants de l'administration sont restés muets. Seul l'inspecteur d'académie s'est exprimé, empêchant ainsi un débat contradictoire, approfondi, diversifié et soucieux de la recherche de la vérité. Cette commission fut à l'image du grand mépris que le ministère a affiché durant toute cette année à notre encontre, mépris doublé d'une volonté de minimiser ce mouvement tout en le caricaturant. La contradiction entre ses propos clamés dans les médias et le procès politique en sorcellerie décidé à l'encontre de l'un des porte-parole de ce mouvement n'a échappé à personne. En vérité, ce mouvement dérange, inquiète car il vise à neutraliser les prétendues « réformes » dont se targuent nos gouvernants auprès de l'opinion publique.

La vraie question est la suivante : Qui porte tort au service public d'éducation ? Les enseignants du primaire en résistance qui osent prendre la parole et dénoncer les graves dérives d'une politique qui n'a comme seul horizon que les restrictions budgétaires, le désengagement de l'Etat et à terme la privation de l'Education Nationale ? Ou bien nos gouvernants qui ne tolèrent plus l'idée même d'une contestation provenant des petits fonctionnaires que nous sommes. Ce qui est en définitive insupportable, au-delà du respect du devoir de réserve auquel nous ne sommes pas directement astreints, mais qui est opportunément brandi à la face des professeurs des écoles aujourd'hui, c'est que des instits de base, eux qui n'ont pas le « prestige » des enseignants du secondaire ou des universitaires, aient eu l'outrecuidance de se révolter, de le faire savoir et de lancer un défi à l'autorité qui se croyait à l'abri d'une insoumission contagieuse.

Cette décision politique à l'encontre de l'initiateur du mouvement de résistance pédagogique vise assurément l'ensemble des enseignants du primaire en résistance. Le nouveau ministre espère ainsi écraser toute velléité de contestation à la rentrée. Il se trompe gravement. Il avait l'opportunité, lui qui s'est présenté comme un homme de dialogue et d'ouverture, de dénouer les fils de ce conflit qu'il a découvert en arrivant rue de Grenelle. Il vient de les resserrer. Et nous avions prévenu : « Plus ils nous sanctionneront, plus nous désobéirons ». Aujourd'hui, comme hier, le pouvoir ne nous laisse d'autre alternative que d'amplifier la résistance aux « réformes » qui déconstruisent le service public d'éducation. En refusant le dialogue que nous n'avons cessé d'appeler de nos vœux, le pouvoir s'enferme dans une attitude répressive qui ne peut que susciter des tensions regrettables pour l'avenir.

Jusqu'à ce jour, les sanctions, aussi disproportionnées soit-elles, ne nous ont pas fait reculer. Elles ont au contraire suscité un élan de sympathie dans l'opinion publique que le pouvoir aurait tort de mésestimer. De nombreux enseignants du primaire qui n'ont jamais accepté ces réformes destructrices sans pour autant les contester trop ouvertement se sont montrés solidaires, y compris financièrement, et nous ont encouragés à ne pas céder. Nous avons également le soutien massif des parents de nos élèves et cela est décisif. C'est pourquoi, à titre personnel, je ne regrette rien et surtout je ne me sens « coupable » de rien. Mettre ses actes en cohérence avec ses pensées est certainement ce qu'il est donné de vivre de meilleur, surtout dans notre noble métier. C'est une action juste, motivée en conscience, au service de l'intérêt général et non pas de notre « confort » corporatiste. Collectivement, nous pouvons être fiers d'avoir impulsé un mouvement qui porte l'exigence d'une révolte éthique et professionnelle conjuguée à un esprit de responsabilité et d'honnêteté que personne, aucun pouvoir, ne pourra briser.

Et pendant tout ce temps consacré à pourchasser les enseignants en résistance, à vouloir faire appliquer des « réformes » injustes, néfastes et parfois inapplicables, on élude les vrais questions et les vrais problèmes qui se posent aux enseignants du primaire dans leur travail quotidien : la démotivation des élèves à l'égard de la chose scolaire, l'agitation et/ou l'apathie de beaucoup d'entre eux, leur difficulté à se concentrer et à écouter sur des périodes longues, le recul flagrant de la culture de l'écrit, l'hétérogénéité de nos classes avec des écarts de plus en plus importants entre les élèves, l'addiction des enfants aux jeux électroniques et à la télévision, la montée des marques d'irrespect à l'égard des enseignants, l'absence de régulation des conflits entre les élèves qui crée des climats de tension dans nos écoles. Nous avons besoin d'une révolution éducative qui prenne à bras le corps l'ensemble de ces problèmes et bien d'autres. C'est pourquoi, plus que jamais, des Etats Généraux de l'Education sont inévitables dans les prochains mois pour préparer une nouvelle ère qui définira l'éducation comme une grande priorité nationale.

Alors, à l'heure où la répression s'abat sur les enseignants en résistance qui refuse d'assister passivement à la déconstruction de l'école publique,

J'appelle, avec tous les enseignants du primaire en résistance, à une insurrection des consciences de la société civile pour sauver l'école de la République aujourd'hui menacée.

J'appelle les enseignants à se ressaisir en refusant cette attitude de soumission permanente et aveugle qu'une hiérarchie abusant de son autorité veut nous imposer au mépris de toute confiance et de tout respect envers les professeurs des écoles confrontés à des difficultés inégalées au quotidien.

J'appelle les syndicats d'enseignants à jouer pleinement leur rôle en organisant dès la rentrée un mouvement de résistance puissant à ces réformes scélérates qui aggravent une situation d'enseignement délicate et tout particulièrement à ces dispositifs pédagogiques qui trahissent l'esprit de notre mission qui est la réussite de tous les élèves.

J'appelle les parents d'élèves, les citoyens et les élus à se mobiliser pour défendre le service public d'éducation que le pouvoir veut démanteler alors que nous avons plus que jamais besoin d'un système éducatif cohérent, outillé pour affronter les défis de l'échec scolaire et de la violence juvénile.

A tous mes collègues déjà entrés en résistance et à tous ceux qui le seront inévitablement bientôt, je leur dis : ne nous résignons pas, car se résigner c'est déjà abdiquer de sa liberté, de sa raison et de sa dignité. Ayons confiance en nous-mêmes. Vous le savez, le verbe résister est un verbe qui se conjugue au présent... Alors osons dessiner, dès aujourd'hui, un a-venir pour l'école aux couleurs de la générosité et de l'espérance.

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vendredi 17 juillet 2009

J M Muller défend Alain Refalo

Plaidoirie de Jean-Marie Muller lors de la comparution d'Alain Refalo en commission disciplinaire le 9 juillet

Jean-Marie Muller, écrivain, était l'un des trois défenseurs d'Alain Refalo lors de son passage en commission disciplinaire le jeudi 9 juillet. Voici le texte de son intervention finale.

Comparution d'Alain REFALO

devant la Commission administrative paritaire

siégeant en formation disciplinaire

Toulouse, le 9 juillet 2009

Intervention de Jean-Marie MULLER*, défenseur

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Au moment de prendre la parole pour assurer la défense d'Alain Refalo devant votre commission, je voudrais situer mon intervention en me plaçant résolument dans la perspective qu'il a lui-même ouverte lors de son intervention : je ne considère aucun d'entre vous comme l'adversaire de l'enseignant de Colomiers. Je veux au contraire considérer chacun d'entre vous comme son partenaire. Au-delà du conflit sur lequel votre commission va statuer, et dont je n'entends pas atténuer plus qu'il ne convient la rudesse, je veux considérer que vous êtes tous partenaires au service d'une même cause, au service de la cause exaltante de l'éducation, dans l'élévation des petits d'homme. Dans le même mouvement, je veux espérer qu'une solution constructive sera trouvée à ce conflit dans l'intérêt précisément des petits d'homme dont vous avez les uns et les autres, non pas les uns contre les autres mais les uns avec les autres, en charge l'éducation. C'est donc avec le plus grand respect pour votre personne et pour votre fonction que je m'adresse à chacun de vous.

Á vrai dire, j'ai quelque difficulté à comprendre les raisons pour lesquelles il a été décidé de faire comparaître Alain Refalo devant votre commission en faisant peser sur lui d'aussi lourdes présomptions de culpabilité et en le menaçant d'aussi graves sanctions. J'ai le sentiment de me trouver devant un formidable paradoxe. Certes, en s'engageant dans la désobéissance civile, Alain Refalo n'ignorait pas les risques qu'il prenait. Mais il prenait ces risques pour attirer l'attention des autorités publiques qui sont en charge de l'éducation nationale afin que celles-ci engagent une réelle concertation avec les professeurs des écoles. Alors même que ceux-ci avaient vainement tenté de se faire entendre en mettant en œuvre tous les moyens offerts par la loi, Alain Refalo a jugé en conscience, qu'il n'avait plus d'autre moyen que de désobéir à des directives dont il avait la conviction qu'elles étaient néfastes pour l'éducation des enfants dont il a la charge. En bonne démocratie, il appartenait dès lors aux autorités publiques d'écouter et d'entendre les raisons mises en avant par Alain Refalo et, pour cela, d'engager un dialogue avec lui et avec les autres enseignants-désobéisseurs.

Or, la comparution devant votre commission semble montrer que les autorités publiques ont préféré définitivement la répression au dialogue. Et c'est ici que je m'interroge sans comprendre. Qu'attendent donc les autorités publiques de la mise en œuvre de cette répression ? Cherchent-elles à faire taire Alain Refalo ? Cherchent-elles à le faire rentrer dans le rang ? Cherchent-elles à le contraindre à agir contrairement aux exigences de sa conscience ? Reconnaissez, Mesdames, Messieurs, que s'il en était ainsi, ce serait bien triste pour l'éducation nationale. Car enfin, quand il s'agit des choix qui engagent l'avenir de l'éducation des petits d'homme, n'est-il pas la pire chose que de vouloir faire taire les enseignants ? Faire taire, de quelque manière que ce soit, est toujours une sorte de coup bas contraire à l'honneur de l'éducation.

Peut-être les autorités publiques ont-elles voulu faire un exemple pour dissuader ses collègues de suivre son exemple, en se préparant à punir sévèrement Alain Refalo ? Mais, alors, tout laisse à penser qu'il y a fausse donne. Car, en agissant ainsi, elles ont déjà donné Alain Refalo en exemple auprès de tous les enseignants. En le sanctionnant à nouveau, elles mettraient en valeur son exemplarité. On accuse le professeur des écoles de Colomiers d'avoir incité ses collègues à la désobéissance, mais ne faut-il pas penser que de nouvelles sanctions prises à son encontre seraient elles-mêmes de nature à inciter d'autres enseignants à désobéir ?

Nous devons nous en convaincre, la répression ne renforce jamais l'autorité de ceux qui l'exercent, mais elle vient sûrement l'affaiblir. Au demeurant, nous le savons tous, la répression à l'encontre des enseignants-désobéisseurs est appliquée de manière parfaitement arbitraire. Et cela, tout particulièrement dans l'Académie de la Haute-Garonne où le nombre des enseignants sanctionnés est infime par rapport au nombre des désobéisseurs. Vous l'avez déjà compris, mon propos n'est évidemment pas de demander des sanctions pour tous, il est de souhaiter le dialogue avec tous.

L'une des raisons pour lesquelles je ne comprends pas la décision de faire comparaître Alain Refalo devant votre commission, c'est que vous allez donner à sa voix un formidable retentissement auprès de l'opinion publique. Au lieu de le faire taire, ceux qui ont pris cette décision lui ont déjà offert une formidable opportunité de se faire entendre. Puis-je insinuer que c'était précisément l'un des objectifs poursuivis par Alain Refalo en décidant de désobéir ? Á l'évidence, plus il sera sanctionné, plus il se fera entendre ! Plus il sera sanctionné, plus il sera écouté ! Cependant, ne nous y trompons pas, l'objectif final d'Alain Refalo c'est de se faire entendre des autorités publiques. Aujourd'hui, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, l'objectif d'Alain Refalo c'est de se faire entendre de vous, d'être écouté par vous. Il a déjà été sanctionné à deux reprises. Car enfin, quel que soit l'habillage administratif qu'on veut leur donner, qui peut croire qu'un retrait de salaire et qu'un refus de promotion ne soient pas bel et bien des sanctions ? Au demeurant, dans une déclaration faite le 28 janvier 2009 au journal 20 minutes, vous-même, Monsieur l'Inspecteur, vous affirmez à propos d'Alain Refalo : « Je ne condamne pas l'homme, mais le fonctionnaire qui décide de travailler en dehors des lois réglementaires. La sanction financière – je dis bien « la sanction financière » - est donc parfaitement justifiée pour celui qui ne respecte pas la loi. » Dans ces conditions, Mesdames et Messieurs, une nouvelle sanction décidée par votre commission, qui s'apparenterait directement à une triple peine, constituerait de votre part une fuite en avant qui ne pourrait vous conduire que dans une impasse. Pour sortir de cette voie sans issue, il n'y a pas d'autre passage que le dialogue. Ce passage est donc un passage obligé.

L'une des finalités de la désobéissance civile, c'est de faire appel à l'opinion publique, de l'informer et de la sensibiliser afin qu'elle se mobilise pour faire pression sur les décideurs. L'un des buts de la désobéissance civile est de créer un débat public au sein de la société civile afin d'interpeller les décideurs politiques. La finalité de la désobéissance civile, c'est de mettre une cause à l'ordre du jour de la société civile afin qu'elle soit mise à l'ordre du jour de la société politique. Là se trouve la légitimité de la désobéissance civile dès lors que le débat des citoyens sur la place publique est le fondement même de la République et de la démocratie. Dans une démocratie développée, le pouvoir législatif appartient d'abord au peuple et le citoyen a toujours le droit de faire entendre sa voix pour venir discuter publiquement le bien-fondé des lois édictées par le gouvernement. La seule légalité procédurale d'une loi ou d'une directive ne suffit pas à garantir sa légitimité. Légalité ne vaut pas légitimité. Oui, Monsieur le Président, la République est une et indivisible, mais ce qui fait l'unité de la République et son indivisibilité, ce n'est pas l'obéissance aveugle des citoyens à la loi, ce qui fait l'unité de la République et son indivisibilité c'est une loi qui garantit la justice pour tous. C'est la loi injuste qui menace la République et non pas la désobéissance des citoyens à une loi injuste.

Le citoyen a des devoirs et des droits moraux autres que les devoirs et les droits juridiques fixés par la loi. En bonne philosophie personnaliste, la loi est faite pour l'homme et non l'homme pour la loi. Le devoir et le droit de l'homme à obéir à sa conscience, qui fondent son devoir et son droit de désobéir à une loi qu'il juge contraire aux exigences de sa conscience, sont intangibles. Ils ne devraient souffrir aucune controverse. Mettre en question ce devoir et ce droit, c'est déjà porter atteinte à la dignité de l'homme, c'est déjà mettre à mal les valeurs fondatrices de la République et de la démocratie. Un fonctionnaire, plus encore que tout autre citoyen, doit être un homme responsable avant d'être un sujet obéissant. Et un homme responsable obéit aux exigences de sa conscience avant de se soumettre aux injonctions de l'État. L'honneur d'un fonctionnaire ne saurait être d'obéir servilement à la loi. Il est grand temps qu'en France il soit reconnu dans la déontologie des fonctionnaires de l'État que ceux-ci ne sont pas tenus à se soumettre aveuglément au devoir d'obéissance hiérarchique, mais qu'au contraire, ils ont l'obligation morale d'apprécier les conséquences de leur obéissance et de désobéir dès lors que leur conscience professionnelle l'exige. Il nous faut aller jusqu'à concevoir clairement que, dans ce cas, ce serait une faute grave d'obéir contre sa conscience. L'histoire l'a amplement montré, ce qui menace la démocratie, ce n'est pas la désobéissance civile des citoyens, mais leur obéissance servile. Dans cette perspective, le grand philosophe allemand Jürgen Habermas n'hésite pas à affirmer : « Il est nécessaire que la désobéissance civile soit acceptée comme composante de la culture politique d'une communauté démocratique développée. » Refuser de reconnaître la légitimité de la désobéissance civile, c'est s'en tenir à une conception archaïque de la démocratie, c'est être en retard d'une démocratie.

Alain Refalo juge, en fidélité aux exigences de sa conscience professionnelle, que les réformes que le gouvernement a voulu imposer aux professeurs d'école sont contraires à l'intérêt des enfants dont il a la charge. Sans aucun doute ses idées sont discutables. Mais cela signifie précisément qu'il convient d'en discuter. C'est ce que demande Alain Refalo et tous les enseignants-désobéisseurs et c'est précisément ce que les autorités publiques ont refusé jusqu'à présent.

Alain Refalo n'a cessé d'accomplir l'intégralité des heures qui sont exigées de lui. Pas un instant, il n'a déserté sa classe. Pas un instant, il n'a délaissé ses élèves. Il est vrai qu'il n'a pas mis en œuvre le dispositif de l'«aide spécialisée » selon les modalités qui résultent d'une interprétation littérale, j'allais dire littéraliste des directives ministérielles. Je voudrais insister pour souligner qu'en stricte rigueur Alain Refalo ne désobéit pas à une loi votée par la représentation nationale, mais qu'il désobéit à des décrets et à des circulaires décidées par un ministre. En réalité, Alain Refalo respecte scrupuleusement les finalités de la loi relative à l'éducation des élèves, ce qu'il contexte ce sont les modalités d'application de cette loi.

Sur le temps imparti à cette aide, il a organisé un atelier-théâtre pour le plus grand contentement des élèves et la plus grande satisfaction des parents qui avaient préalablement donné explicitement leur accord. Tout laisse penser que les enfants en difficulté ont été les premiers bénéficiaires de cette activité.

Les parents de ses élèves ont tenu à affirmer qu'ils apportaient « un soutien ferme et entier » à l'instituteur de leurs enfants auquel ils font « pleinement confiance ». Or, ici, l'avis des parents des élèves est non seulement important, mais il est littéralement décisif. En effet, la circulaire n° 2008-082 du 5 juin 2008 – car il ne s'agit que d'une circulaire et non pas d'une loi… - qui prévoit l'organisation et la mise en œuvre de l'aide personnalisée précise : « L'adhésion des parents et de l'enfant est indispensable afin que l'aide personnalisée trouve sa pleine efficacité. Un emploi du temps hebdomadaire est présenté aux parents qui donnent leur accord. » Précisément, pour l'organisation de cet enseignement non obligatoire et, par conséquent, facultatif, Alain Refalo a obtenu l'accord explicite des parents pour que leurs enfants participent à un atelier-théâtre. Ainsi, paradoxalement, de par les dispositions mêmes de la circulaire du ministre, en justifiant la désobéissance d'Alain Refalo, les parents d'élèves des enfants dont il a la charge le réintègrent dans la légalité. Ainsi, nul ne saurait reprocher à Alain Refalo un « service non fait », ni même un « service partiellement non fait ».

Par ailleurs, nous le savons tous, derrière l'organisation de cette aide personnalisée, se cache la programmation de la suppression des Réseaux d'Aide Spécialisée aux Enfants en Difficulté (RASED). Or les éducateurs sont unanimes à penser que la disparition des RASED causerait un préjudice irréparable aux élèves en grande difficulté. L'aide « personnalisée » ne saurait remplacer l'aide « spécialisée ». La Dépêche du Midi du 28 janvier 2009 nous apprend que dans l'Académie de la Haute-Garonne ce sont 56 postes des RASED qui seront supprimés dès la rentrée prochaine. 56 sur 192, c'est plus du quart, c'est considérable, c'est énorme. Or il est précisé que ces 56 postes seront supprimés, je cite, « en relation directe avec l'aide personnalisée ». Je dis bien : « en relation directe avec l'aide personnalisée ». Or cette précision n'est pas apportée par un enseignant-désobéisseur mais par vous-même, Monsieur l'Inspecteur d'Académie. Vous confirmez ainsi les propos d'Alain Refalo qui sans sa lettre de désobéissance du 6 novembre 2008 établissait un lien direct entre le dispositif de l'aide personnalisée et la suppression des postes des RASED. Il est ainsi prouvé qu'en réalité, le dispositif de l'aide personnalisée a pour objectif la suppression de l'aide spécialisée. Au demeurant, il serait injuste de vous imputer, Monsieur l'Inspecteur, la responsabilité de cette suppression. Celle-ci, à n'en pas douter, résulte de la politique décidée par le gouvernement. Et comment ne pas penser que vous en êtes le premier à regretter cette amputation. Mais comment ne pas penser également que la résistance des enseignants-désobéisseurs à cette suppression sert directement la cause de l'éducation des petits d'homme. Car, avec ces 56 suppressions de postes des RASED nous avons ici un exemple précis, concret, tangible, avéré, indéniable, incontestable, indiscutable de ce qu'Alain Refalo et les enseignants-désobéisseurs appellent la déconstruction du service public de l'éducation nationale. Ainsi chacun d'entre vous ne peut pas ne pas reconnaître que la suppression de ces postes de RASED est « de nature à compromettre gravement un intérêt public ». Or, précisément, la loi N° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires précise que tout fonctionnaire, je cite, « doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public ». Dès lors, Alain Refalo peut légitimement penser qu'en mettant en œuvre l'aide personnalisée il participe directement à la suppression des postes des RASED, que son obéissance serait par conséquent de nature à compromettre gravement un intérêt public et qu'ainsi sa désobéissance est cautionnée par la loi.

Qui peut penser que de lourdes sanctions infligées à Alain Refalo seraient de nature à apaiser le conflit qui oppose les enseignants-désobéisseurs aux autorités publiques ? Á l'évidence, elles ne pourraient avoir pour conséquence que d'exacerber ce conflit. Á l'évidence, la cause du service public de l'éducation nationale s'en trouverait plus encore maltraitée.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, le moment est venu d'entendre raison, de raison garder et de parler raison. Votre commission a le pouvoir d'ouvrir enfin les portes du dialogue. Vous êtes libres de votre jurisprudence et vous avez la possibilité de ne prononcer aucune sanction à l'encontre d'Alain Refalo. Ce faisant vous permettrez que ce conflit trouve une solution constructive dans l'intérêt de tous et d'abord dans l'intérêt des enfants. C'est pourquoi le simple citoyen que je suis attend avec confiance votre décision.

Je vous remercie de la bienveillance de votre attention.

* Philosophe et écrivain.




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vendredi 10 juillet 2009

Résistons !

Lettre ouverte de Raymond Aubrac, Walter Bassan et Stéphane Hessel

Raymond AUBRAC
Résistant, membre de l'Etat Major de l'Armée Secrète, ancien Commissaire de la République

Walter BASSAN
Résistant, déporté, président de 1995 à 2005 du comité départemental du « concours national de la Résistance et la Déportation » pour les scolaires de Haute-Savoie.

Stéphane HESSEL
Déporté, co-rédateur de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, ambassadeur de France.

Le 5 juillet 2009

Lettre ouverte à Monsieur l'Inspecteur d'Académie

Directeur des Services Départementaux de l'Education Nationale de Haute-Garonne

Monsieur l'Inspecteur d'Académie,

Nous avons appris la convocation pour sanction de monsieur Alain REFALO devant une commission disciplinaire interne à l'Education Nationale, ce 9 juillet 2009.

Nous avons eu l'occasion de rencontrer Alain REFALO, de discuter avec lui de son action enseignante et de l'écouter expliquer le cadre de son engagement citoyen. Nous avons particulièrement apprécié sa pondération et son sérieux.

C'est un enseignant avec de fortes convictions républicaines, engagé dans son travail au service de l'ensemble de ses élèves. Notre service national d'éducation a besoin d'hommes solides et construits dans leur vision d'éducateurs. Incontestablement, Alain REFALO est de ceux-là.

Nous souhaitons témoigner qu'il est divers moments dans une vie d'homme où assumer ses convictions et les faire partager à d'autres est une nécessité impérieuse. Alain REFALO exprime qu'il vit un de ces moments là.

Quels que soient les différents de l'administration avec ce fonctionnaire, nous ne comprendrions pas qu'elle ne reconnaisse pas cette dimension essentielle pour notre pays : pour former des futurs citoyens libres et conscients, il ne faut pas des enseignants muets et incolores mais des éducateurs citoyens.

Redonner à notre pays des perspectives au service de tous et d'abord des enfants, s'appuyer sur « des hussards » convaincus et investis dans leur mission d'éducateurs au service des valeurs de paix, redonner toute sa place à l'héritage du programme du Conseil National de la Résistance sont des nécessités dans la situation de crise que connaît notre nation.

Notre République ne saurait donner un signal aussi contraire que de sanctionner un enseignant tel qu'Alain REFALO.

Veuillez agréer, Monsieur l'Inspecteur d'Académie, l'expression de nos salutations citoyennes.

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